Réemployer le béton plutôt que le broyer : le chantier circulaire arrive
Le réflexe, quand on démolit, c’est de broyer : le béton part en concassage, au mieux en remblai. Et si, au lieu de le réduire en gravats, on le réemployait tel quel, sur place ? C’est exactement ce que des chantiers pilotes sont en train de démontrer.
Un exemple concret : Stains
Dans le cadre d’un vaste programme de renouvellement urbain à Stains (Seine-Saint-Denis), le bailleur social OPH 93 et le collectif d’architectes Bellastock ont expérimenté le réemploi du béton in situ. Des panneaux issus de la déconstruction de logements sociaux des années 1960 ont été réutilisés directement sur le site pour créer de nouveaux aménagements — bancs, dallages, mobilier urbain — avec l’appui technique du CSTB au service de l’économie circulaire.
Un cadre technique existe déjà
Le réemploi du béton n’est pas une lubie sans méthode. Le programme REPAR#2, piloté par Bellastock avec le CSTB et l’ADEME, a produit des référentiels dédiés au réemploi des éléments béton — notamment en voiles et en planchers — accompagnés de fiches techniques et vérifiés par un bureau de contrôle et un bureau d’études structure. Autrement dit : la voie pour passer du mobilier urbain à des éléments réellement structurels est balisée.
Pourquoi c’est une vraie rupture
L’enjeu est considérable. Le béton concentre une large part de l’empreinte carbone d’un bâtiment, et sa fabrication comme sa mise en décharge pèsent lourd. Réemployer, c’est à la fois moins de déchets, moins de matière neuve à produire, et un bilan carbone allégé — trois leviers qui répondent directement à la pression réglementaire (RE2020) et économique du secteur.
Le rôle décisif du bureau d’études
Mais réemployer un élément béton n’a rien d’anodin. Contrairement à un matériau neuf, dont les caractéristiques sont garanties, un élément de réemploi doit être requalifié : résistance résiduelle, état réel (fissuration, carbonatation, corrosion des armatures), traçabilité de l’origine, et surtout capacité portante dans son nouvel usage.
Sans cette caractérisation, sans validation par un bureau d’études structure et un bureau de contrôle, pas de réemploi structurel assurable. C’est un véritable travail d’évaluation de l’existant — exactement le cœur de notre métier de diagnostic et de dimensionnement.
Ce que ça annonce
Ce mouvement n’est pas isolé. Il rejoint la nouvelle génération des Eurocodes, qui introduit un volet dédié à l’évaluation et au réemploi des structures existantes, et la logique bas carbone de la RE2020. Le réemploi du béton va se normaliser — et les bureaux d’études capables de caractériser et de valider ces éléments seront en première ligne.
Un projet de déconstruction ou de réhabilitation où le réemploi a du sens ? SM Ingénierie et Conseil évalue et sécurise la faisabilité structurelle. Contactez-nous.
