RE2020 : ce qui change depuis le 1er juillet 2026
Depuis le 1er juillet 2026, la réglementation environnementale RE2020 évolue. Le décret n°2026-200 et l’arrêté du 18 mars 2026, publiés au Journal officiel le 20 mars, sont désormais applicables à l’ensemble des permis de construire et déclarations préalables déposés à compter de cette date. Contrairement aux durcissements attendus, ce texte marque plutôt un assouplissement ciblé, en réponse aux retours d’expérience des professionnels et à un marché de la construction encore fragile.
Pour un bureau d’études structure, ces ajustements ne sont pas de simples détails réglementaires : ils modifient les arbitrages techniques dès la phase d’esquisse. Voici l’essentiel.
1. Les surélévations sortent (en partie) de la RE2020
C’est sans doute l’évolution la plus structurante. L’arrêté prévoit d’exonérer les opérations de surélévation des exigences de la RE2020, à condition que la surface créée n’excède pas 30 % de celle du bâtiment existant.
L’objectif du législateur est clair : lever un frein réglementaire pour favoriser la densification « par le haut » plutôt que l’étalement urbain. Pour les maîtres d’ouvrage, c’est un signal fort : ajouter un ou deux niveaux à un bâtiment existant redevient une option économiquement et administrativement réaliste.
Mais qui dit surélévation dit reprise de la descente de charges sur un bâti existant. C’est précisément là que le bureau d’études structure intervient en amont : vérification de la capacité portante des fondations et des porteurs, choix entre une charpente légère (ossature bois ou acier), arbitrage sur le réemploi, et sécurisation de la faisabilité avant que le projet architectural ne se fige. Une surélévation mal anticipée structurellement peut transformer une opportunité en gouffre financier.
2. Balcons, loggias et terrasses entrent dans le calcul carbone
Autre changement notable : les balcons, loggias et terrasses sont désormais pris en compte dans le calcul carbone (analyse du cycle de vie du bâtiment).
Concrètement, ces éléments en porte-à-faux, souvent réalisés en béton, pèsent lourd dans le bilan carbone d’un projet. Leur intégration à l’ACV pousse à repenser leur conception : rupteurs de ponts thermiques, solutions préfabriquées, structures désolidarisées ou matériaux alternatifs. Là encore, c’est un arbitrage structure / carbone / coût qui se joue dès la conception.
3. Les hauteurs sous plafond mieux valorisées
Les bâtiments présentant des hauteurs sous plafond comprises entre 2,50 m et 2,90 m ne seront plus pénalisés de la même manière dans le calcul. L’idée : valoriser la qualité d’usage des logements (volume, lumière, confort) sans dégrader mécaniquement leur bilan carbone. Un point qui redonne de la souplesse aux concepteurs sans surcoût structurel.
Pourquoi ça compte maintenant
Ces évolutions arrivent dans un contexte de marché tendu. La Fédération Française du Bâtiment n’anticipe qu’une hausse modeste de 1,8 % de l’activité en 2026, avec de l’ordre de 296 000 à 308 000 mises en chantier — un niveau encore historiquement bas. Dans ce cadre, chaque mètre carré gagné sur l’existant, chaque projet de réhabilitation ou de surélévation, devient un vrai levier d’activité.
Le fil rouge de ces ajustements est le même : la performance environnementale ne se décrète pas en fin de projet, elle se construit dès la structure. Optimiser la matière, alléger les porteurs, sécuriser la faisabilité d’une surélévation, arbitrer sur les porte-à-faux : autant de décisions qui relèvent du bureau d’études, et qui conditionnent à la fois la conformité réglementaire et l’équilibre économique de l’opération.
En résumé
La RE2020 version 1er juillet 2026 desserre certaines contraintes pour relancer la construction, tout en affinant la logique carbone. Pour transformer ces évolutions en opportunité concrète — notamment sur les surélévations — l’intervention d’un bureau d’études structure en amont fait souvent la différence entre un projet viable et un projet abandonné.
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Références
Batiactu — « Seuils RE2020, prix du gaz… Ce qui change au 1er juillet 2026 ».
Cahiers Techniques du Bâtiment — « RE2020 : comprendre le décret n°2026-200 et l’arrêté du 18 mars 2026 ».
Batiweb — « RE2020 : le gouvernement abaisse certaines exigences environnementales ».
FFB — « Bilan 2025 et prévisions 2026 : léger rebond sans véritable reprise du bâtiment ».
